Histoire et Généalogie des CHAGNOUX

Le nom de famille Chagnoux serait rattaché au patronyme Chesnay. Il signifierait « possesseur d’une plantation de chênes ou une personne qui vit dans ou près d’une chênaie ». Les ancêtres connus des Chagnoux sont originaires du Pays Fort, dans le nord du département du Cher. A cette époque, Sully achète la Principauté Souveraine de Boisbelle. Il entreprend d’y construire sa capitale Henrichemont (1605), en hommage à Henri IV. Le travail à faire était considérable. Sully fit venir sur le site, dit-on, 1000 ouvriers étrangers à la Principauté. Dans cette région, nombre de patronymes sont identiques aux noms de lieux-dits : De Pardieu, Pas de Loup, Mitterand, Chagnoux. Un lieu-dit « Les Chagnoux » existe sur la commune d’Ivoy-le-Pré, à proximité du Gué de la Pierre (Ennordres) Les Chagnoux se sont-ils établis dans le Cher à l’occasion de la construction d’Henrichemont ? Ont-ils une relation avec le lieu-dit ? Toujours est-il que Nicolas Chaniou, né vers 1652, décède à La Chapelotte (8km d’Henrichemont) le 10 février 1740.
 

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La mort dramatique de Roger Chagnoux

Article paru dans la Dépêche du Berry datée du 17 octobre 1919

Les pilleurs des stocks américains

Une sentinelle du camp de Beauvoir surprend, nuitamment, deux voleurs.

Elle en tue un. L’autre est arrêté.

Le pillage des stocks américains est devenu, pour certains individus sans scrupules, une besogne, sinon honorable, du moins régulière et... rémunératrice. On trouve de tout dans les bâtiments plus ou moins encore occupés par les Yankees. Et ce n’est rien exagéré que de dire : de jour, comme de nuit, il sort, en fraude, des camps édifiés par nos alliés, des quantités considérables de marchandises.

L’autorité militaire américaine fut souvent un peu responsable de ce pillage. Le manque de surveillance était flagrant. On entrait dans les immenses magasins des camps plus facilement encore que dans un moulin. Et il n’apparaît pas avoir été plus dangereux, très souvent d’en ressortir avec des chargements souvent considérables.

Nous n’en donnerons qu’une preuve : à Bourges, au point zéro, des inconnus n’ont-ils pas emporté pour 50.000 francs de marchandises, à la barbe même des sentinelles !

Ces pillages demeurés impunis ont provoqué certainement bien des convoitises, petite et grandes. L’occasion était tentante. Beaucoup n’ont pu y résister. Quelques-uns ont trouvé là le moyen de gagner de grosses sommes. Ce sont les moins nombreux. beaucoup n’ont réussi qu’à se créer des ennuis avec la justice. D’autres ont laissé leur peau dans ces expéditions.

C’est ce qui vient d’arriver à un Berruyer : Roger Chagnoux, dont la famille habite boulevard de l’Hôpital, 21. Surpris par une sentinelle de service à l’arsenal du camp de Beauvoir, entre Marmagne et Mehun-sur-Yèvre, Roger Chagnoux, venu là avec son frère André, au cours de la nuit de mardi à mercredi, essuya un coup de feu. Il tomba frappé à mort.

André Chagnoux a été arrêté peu après.

Des voleurs qu’on attend...

Ces jours derniers, les soldats du 95e d’infanterie, préposés à la garde de l’arsenal de Beauvoir, depuis le départ des Américains, trouvèrent, chargé sur brouette, et caché dans l’herbe, un tour provenant de l’arsenal. Une surveillance spéciale fut décidée autour de ce tour.

Les voleurs devaient être attendus.

Mardi soir, à 19 h 30, les soldats Valentin Pinault, Albert et Pierre Maès, étaient placés en faction. Le sergent Gaston Fourré, leur chef de poste, avait ainsi précisé leur consigne. A l’approche de tout individu venant enlever le tour, tirer un coup de feu en l’air pour avertir le poste. Maintenir ensuite les malfaiteurs sur place.

Les trois soldats se cachèrent dans des feuillées voisines. Et ils attendirent.

A 21 h 45 seulement, deux ombres apparurent, venant du sud-ouest du camp. Les factionnaires se prévinrent mutuellement. Ils étaient prêts.

Les ombres avançaient et, longeant les bâtiments, se dirigeaient directement vers la brouette, sur laquelle se trouvait le tour volé.

Halte-là !

Quand les malfaiteurs se trouvèrent près du tour, ils manipulèrent pendant quelques instants la brouette, paraissant se concerter. A ce moment, le soldat Maès tira un coup de feu en l’air.

Le poste était averti !

Sans perdre de temps, les soldats sortirent ensuite de leur cachette et, au pas de gymnastique, se portèrent vers les voleurs. Tout en courant, ils sommaient les deux noctambules de ne pas bouger.

Cette intervention inattendue plongea dans la plus profonde stupéfaction les malfaiteurs. Les soldats purent ainsi s’approcher d’eux.

Un des deux hommes demeura bien tranquille. Mais son camarade, à l’approche des soldats, prit la fuite.

Pinault cria les sommations réglementaires. Quatre fois, dans la nuit, retentit le halte-là ! des sentinelles. Le fuyard refusait d’y obéir. Pinault tira alors quatre coups de revolver dans la direction de celui qui tentait de leur échapper.

L’homme ne fut pas atteint. Tout au moins il ne ralentit pas sa course. C’est à ce moment que le soldat Maès, à son tour, cria à plusieurs reprises : < Halte-là, où je fais feu ! > Le fuyard persistait à ne rien vouloir entendre. Maès épaula son fusil et pressa la détente...

Touché !

L’homme parcourut encore quelques mètres et s’abattit. Il avait eu la poitrine traversée par une balle. Quand les soldats accoururent près de lui, il avait déjà cessé de vivre.

C’était un individu pouvant avoir vingt-cinq ans environ, vêtu comme un ouvrier, mais coiffé d’un képi sans numéro, il était tombé sur le dos, les jambes allongées et les bras légèrement détachés du corps.

Deux frères

L’alarme avait été rapidement donnée au poste de garde. Des soldats accouraient pour, le cas échéant, prêter main-forte aux factionnaires. Leur intervention était devenue inutile.

L’homme demeuré aux mains de Pinault et de ces deux camarades, ne songeait nullement à se sauver ou à esquisser la moindre résistance. Tout ce qui venait de se dérouler en quelques instants l’avait anéanti.

Il donna son identité : Pierre-André Chagnoux, âgé de vingt-deux ans, éleveur de porcs, demeurant à Bourges avec ses parents, boulevard de l’Hôpital-Général.

Celui qui venait de trouver la mort tragiquement était son propre frère : Roger Chagnoux, vingt-sept ans, sans profession, marié et père d’un enfant.

Une bonne affaire...

Pierre-André Chagnoux expliqua dans quelles circonstances son frère et lui s’étaient rendus à Beauvoir.

Dans la journée, Roger lui avait proposé de le conduire à l’arsenal américain dans sa camionnette automobile. Il ne lui cacha point qu’ils devaient trouver là-bas, caché et prêt à être enlevé, un tour. La machine était destinée à être vendue.

- C’est une bonne affaire, avait ajouté Roger Chagnoux, il y a 800 francs à gagner. Nous les partagerons.

A 20 h 30, les deux hommes quittaient Bourges en voiture. Ils prenaient la grande route nationale. La voiture les conduisit à un kilomètre du camp. Ils devaient accomplir le reste du parcours à pied, et ramener ensuite le tour près de la voiture, à l’aide de la brouette sur laquelle il était tout prêt chargé.

L’intervention des sentinelles évita seule la réalisation complète de ce projet.

Le déménagement du tour était déjà commencé

L’arsenal de Beauvoir a reçu de nombreuses visites de voleurs. Et les outils voire même les machines enlevées de ces bâtiments se chiffrent par un nombre important. Au cours d’une visite effectuée la semaine dernière, l’ingénieur chargé de la liquidation des stocks américains de l’arsenal, avait constaté la disparition de quarante mandrins extensibles dépendant de ce tour. Les mandrins n’ont jamais pu être retrouvés.

Avaient-ils déjà été emportés par ceux qui projetaient d’enlever le tour ? La chose n’est pas impossible. Mais rien jusqu’ici ne permet de la donner comme véridique.

André Chagnoux transféré à Bourges

Deux gendarmes de la brigade de Mehun-sur-Yèvre, ont amené Pierre-André Chagnoux à Bourges, aujourd’hui jeudi par le train arrivant ici à 13 h 06.

Le jeune homme était encore chaussé de hautes bottes américaines. Il paraissait très abattu.

M. le procureur de la République, devant lequel il a été conduit directement, lui a fait subir un premier interrogatoire.

Chagnoux n’a point songé à nier la part de responsabilité qu’il avait dans le vol. Mais il a persisté à soutenir que c’était la première fois qu’il se rendait dans la camp.

Ce que son frère comptait faire exactement du tour, de la disparition des mandrins extensibles ?... Chagnoux assure ne rien connaître.

Ne voulant pas prolonger davantage ce premier interrogatoire, M. le procureur de la République a décerné un mandat d’écrou contre Chagnoux. Celui-ci sera interrogé plus complètement prochainement par M. le juge d’instruction auquel il appartiendra de chercher à faire la lumière complète sur ce vol.

Le cadavre de Roger Chagnoux a été laissé sur place au camp de Beauvoir, en attendant que soient accomplies les formalités précédant l’inhumation.

 

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